Voici Vostok!

Tofu, mandarines et patates douces / Tofu, mandarins and sweet potatoes

06:43, 14/11/2008 .. 0 commentaires .. Lien

De son balcon, un vieux monsieur me fait au revoir de la main, comme apres tous nos diners partages, quand j'enfourche mon velo pour rentrer chez moi...  Claude, mon grand-pere paternel, est mort la semaine derniere, tranquille dans son sommeil, apres avoir endure de difficiles dernieres semaines de vie. Pendant que lundi ma famille se reunissait pour lui rendre hommage, la nuit tombait sur l'ile de Je-Ju, sur le champ de mandariniers ou se trouve la mini-maison dans laquelle je dors en ce moment. C'est dur d'etre loin... et pourtant je m'imagine mal faire 13 heures d'avion et 'rentrer' en catastrophe...

mon grand-pere est dans mon coeur

et il m'accompagne quand:


je fais du tofu... oui oui! maniere artisanale grande classe, des grains de soja bruts au resultat tout chaud fumant, delicieux :-)) L'arrivee dans mon premier wwoof a ete direct dans le feu du sujet! Partis de bon matin pour une fete de week-end, celebration des feuilles rouges des erables. Nous tenions un stand ou les visiteurs venaient manger ce tofu fait sous leurs yeux, accompagne de kimchi (chou lacto-fermente et pimente) et de makele (alcool de riz leger couleur cafe creme). Au milieu de Mister Choi (le 'patron'), de sa femme, de Mister Hue (un employe) et de deux 'adjouma' ('tante', toutes les femmes sont appeles comme ca ici), dans l'activite trepidante, je trouve ma place doucement.
Voici comment une fournee se deroule: Mister Choi mixe par deux fois les grains de soja en ajoutant pas mal d'eau; une des adjummas ajoute petit a petit cette creme dans une grande marmite d'eau bouillante, en maintenant toujours a ebullition; cette mixture est versee dans un sac en toile fine et resistante, pose sur un support en bois lui meme pose au dessus d'une grande cuvette; le sac est alors presse avec un grand baton, de maniere a ce que tout le liquide en sorte, ca fait une mousse blanche, ca sent bon; le contenu du sac est vide dans une autre bassine puis vendu comme poudre d'ajout pour diverses soupes; deux louches d'eau tres tres salee maronnatre sont ajoutees dans la mousse, qui devient un peu grumeleuse; pendant ce temps, sur une caisse retournee, on installe une planche en bois avec des petits trous, sur laquelle on pose une caisse sans fond, dans laquelle on installe delicatement un linge de coton fin; la mousse est alors versee dans la caisse, on prends une passoire que l'on presse legerment, et avec une louche on enleve un peu de liquide; le linge est alors replie delicatement sur le dessus de tout ca, une planche en bois rentrant pile-poil dans la caisse est posee dessus, et enfin une casserole pleine d'eau, ou n'importe quoi de lourd... le liquide finit de sortir, et apres quelques instants, on enleve la caisse, deplie le linge, et voici une belle plaque de tofu fumant, qui sent bon comme vous pouvez a peine l'imaginer!

essorageJe cours entre aide a l'essorage, nettoyage du sac en jute et du tissu de coton, vaisselle des couverts ayant servis a degustation... et invitation par des clients a venir boire un petit coup de makele avec eux... ils sont tous tout etonnes de voir une blanche accroupie au milieu de toutes ces bassines, et j'entends souvent 'fran-ze'! Les clients rient, portent des toast, ca court dans tous les sens... Quelle ambiance! Je me suis regalee pendant deux jours, a part mes oreilles saoulees de la musique deversee a fond la caisse par la scene derriere, musique techno-pop-boum-boum qui me plait pas du tout. Trouvez moi des bons grains de soja, un mixeur costaud et toute une batterie de bassines, et je vous fait du tofu a mon retour!  (et pour l'accompagner, j'ai decide de revenir dans cette ferme en decembre, au moment ou on prepare le kimchi, pour apprendre... miam... vais etre presque bonne a marier... euh enfin... c'est une blague... mais c'est pas les propositions qui manquent ici, une femme est meme venue un jour l'air de rien me montrer des photos de son fils ;-)

Le wwoof, c'est un echange: j'aide a travailler, et en retour, je suis accueillie gratuitement. Mister Choi m'amene en visite touristique, dans un estuaire marecageux accueillant des oiseaux migrateurs, a la montagne (encore les couleurs plus chatoyantes que jamais de l'ete indien), dans les meilleurs restaurants pour manger crabes et autres produits de mer. Il est aussi bizenesse man et guide touristique, ce qui donne des situations assez cocasses... me retrouver au milieu d'etudiants coreens pour une visite guidee d'un temple, dans le bus avec eux; assise au beau milieu d'une reunion plutot mouvementee d'agriculteurs; livreuse de tofu dans diverses administrations; conviee a un barbecue au milieu de maisons traditionnelles avec tout un groupe d'adultes etudiant le tourisme rural (et j'ai parle russe avec l'un d'eux... enfin tchout tchout!); meme spectatrice d'un match matinal de volley-ball!!  
Je ne 'comprends' peut-etre pas mieux la societe coreene, mais au moins maintenant je la 'ressens' beaucoup mieux, et commence a l'aimer. Tous les amis de Mister Choi (que j'appelle finalement 'Opa', 'frere') sont tres tres gentils, chaleureux et attentifs. Je me sens maintenant beaucoup mieux dans ce pays, finalement aussi je me dis qu'en France, les codes sont aussi presents et peut-etre difficilement comprehensibles pour un coreen, mais je ne les vois meme pas tellement ils sont integres... on coupe bien le camembert et la conte differement, on attend que tout le monde soit servi avant de manger, et plein d'autres beaucoup moins visibles et plus importants, tout ce qui fait 'l'etrangete' peut-etre d'une societe...

Dimanche dernier, je suis partie pour Nokdong, port au sud du sud, pour y prendre un bateau le lendemain matin pour l'ile de Je-Ju (mon second wwoof). Sur les conseils d'Opa, je suis allee dormir dans un Tchimtchilban, sans trop savoir ce qui m'y attendais... il m'avait juste dit dans un anglais sommaire: very nice, shower and sleep, very cheap!
He ben! quelle experience! fou rire toute seule la jeanne! la dame de l'accueil me guide, m'indique d'enlever mes chaussures, puis je rentre dans un grand spa nudiste (non-mixte quand meme!). On me donne savon/shampoing/brosse a dent/serviette de toilette/tee-shirt et short, je me deshabille et vais dans la grande salle ou il y a divers bains chauds, des douches, meme un bassin d'eau froide salee qui me permet de nager un peu sous l'eau, c'est chouette :-) apres je m'habille avec l'espece d'uniforme qu'on m'a donne, orange pour ces dames, vert pour ces messieurs, et a l'etage il y a de grandes salles surchauffees avec matelas fin, et tout le monde dort par terre. C'est tout curieux comme ambiance, tres etonnant... enfin vraiment solution economique (genre 5 euros pour tout!).

Puis je suis arrivee a Je-Ju... wouaw wouaw wouaw... les mandariniers (feuilles vernissees et boules oranges, c'est la saison!) remplacent les plaqueminiers/boules rouges du continent. La vegetation est luxuriante, tres verte. Les chemins sont bordes de murs de grosse pierres sombres, l'ile est volcanique, alors c'est tout plat puis tout d'un coup un ancien volcan tout arrondi. C'est petit, on voit la mer tout le temps. C'est bo!!! Tous les coreens viennent ici pour leur lune de miel, je comprends mieux pourquoi... Il fait chaud la journee, le ciel est bleu, j'ai fait une longue promenade au hasard des petits chemins, les mandarines tombees des camions les transportant bordent les routes, la tranquilite ambiante me rappelle la Grece, l'odeur des coniferes la Provence... (bon ici parenthese au niveau des coniferes, depuis le debut je vous en parle, mais c'est pas toujours les memes... promis un jour j'ouvrirai un livre de botanique pour etre plus precise!)
Le ferme qui m'accueille ici produit tomates-cerises, mandarines, patates douces et hallabong (variete endemique d'agrume). Au milieu des mandariniers, il y a une petite maison, ou je dors. Pas de toilettes, pas d'eau chaude, je me douche avec des bassines d'eau chauffee au gaz, c'est rigolo, je joue a la dinette et ca me rappelle mon enfance... Je m'y sens bien, mon seul regret est que la famille habite dans une maison ailleurs, et quand ils partent vers 6 heures a la nuit tombee, les soirees sont un peu longues et solitaires (vive 'Au bord de l'eau', roman chinois d'aventures de gentils brigands, et Caroline qui me l'a echange contre le docteur Jivago a Vladivostok!). Et puis du coup je suis moins en immersion... Les journees sont chouettes par contre, je ramasse patates douces et tomates-cerises (hier 150 kilos a trois!), seme des graines d'haricots, et devrais bientot ramasser les mandarines. Demain s'il ne pleut pas, nous irons ensemble randonner sur le plus haut sommet de l'ile (1950 metres), 'Hallabong', le grand volcan qui est au milieu. La vie est toute douce ici, ca me fait du bien, m'aide quand je me sens toute triste des deuils a repetition...

Dans une semaine, je prendrai le bateau pour Incheon, pres de Seoul. J'espere voir James, mon copain canadien rencontre en Mongolie, et ferai une ultime tentative de visa russe en allant directement a l'ambassade, et puis prendre le temps d'explorer cette grande ville. De toute maniere, je pense rester en Coree encore un mois avant de me diriger vers le Japon si je n'arrive pas a retourner a Vladivostok.

Mon hote m'a demande hier si j'ai besoin d'un visa pour aller en Espagne... c'est l'Europe qui semble ici bien loin, un peu sur une autre planete peut-etre, comme me semblait l'extreme-orient il n'y a pas si longtemps...

Alors, d'ici, du sud de l'est, je vous embrasse tous tres fort, et ne suis jamais bien loin en pensee.

Prenez soin de vous (et vive l'election d'Obama)

Jeanne

 

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As I get on my bike to go home an elderly man waves at me from his balcony as always after we’ve been sharing a meal… Claude, my paternal grandfather, passed away peacefully in his sleep last week after some painful last few weeks. My family gathered on Monday to pay him a tribute as the night was falling onto Je-Ju Island and the mandarin-tree orchard, and the very small house in the orchard where I sleep at the moment.  It’s hard to be far away…. And yet I can’t see myself get on a plane for 13 hours to ‘come back’ in a hurry…

My granddad is in my heart,

And he is near me when:

I make tofu… yes! Classy small-scale production, from the raw soybeans to the end result, warm, steamy and delicious ☺. I fell into tofu making as soon as I arrived in my first wwoofing place! We left early morning for a weekend fair/celebration of the maple trees’ red leaves. We ran a stall where people could come eat the tofu we’d just made in front of them, along with kimchi (fermented cabbage with chili) and makele (light rice latte colored liquor). In this bustling environment I slowly adjust to my role between Mister Choi (the ‘boss’) and his wife, Mister Hue (who is an employee) and two ‘adjouma’ (which means ‘aunt’ and designates all women).

Here is how goes tofu-making: Mister Choi blends the soybeans twice with a good amount of water; one of the adjoummas pours this cream little by little in a big pot of boiling water and makes sure the boil never stops; this mix is poured into a bag made of thin and sturdy canvas, the bag lays onto a wooden frame above a big basin; then the bag is squeezed with a big stick so all the liquid comes out of it, in a white foam -smells nice-; (what remains in the bag is emptied out into another basin and sold as something to add to soups); two ladleful of brownish super salty water are then added to the foam which starts to curd a little; meanwhile a wooden plank pierced with small holes is placed onto an upside down crate; on that plank goes another crate, bottomless, and in this one is delicately laid out a thin cotton cloth; then the foam is poured into the crate and pressed down gently with a colander; some extra liquid is removed with a ladle; then the cloth gets folded over the mixture and a perfectly fitted wooden plank goes on top, and on top of the plank goes a pot full of water or anything heavy…after a while,  when the liquid is all gone, the crate is removed, the cloth is unfolded, and inside is a nice slab of steamy tofu, smelling so nice you can hardly imagine.

I run around between wringing the cloth, cleaning the jute bag and the cotton cloth, washing up the cutlery used by the customers… who invite me to drink some makele with them… Everyone is very surprised to see a ‘white’ squatting in between all the basins and I often hear ‘Fran-ze’! The customers laugh and drink and the place is buzzing. What a great atmosphere! I had a lot of fun during these two days, except for my ears which didn’t enjoy the loud music pouring out of the stage behind us, techno-pop-boom-boom, not my cup of tea at all. If you get me some nice quality soybeans, a good blender and lots of basins I’ll make you some tofu when I come back! And to go with the tofu, I decided to go back to this farm in December for the kimchi-making season, so I could learn that too… yum… I’ll make a good Korean housewife after all that… uh…. Joke… but I actually get lots of offers here, one day a woman even ‘casually’ showed me some pictures of her son ;-)


WWOOFing is a deal: I give a hand and in return people put me up and feed me for free. Mister Choi shows me around, -a swampy estuary where lots of migratory birds live-, takes me to the mountains (where the colours of the Indian summer are more amazing than ever), he takes me to the best restaurants where we eat crab and other seafood. He is also a businessman and a tourist guide, and this leads to very comical situations… for example going on a bus tour with Korean students to go visit a temple, sitting in a very lively farmers meeting, delivering tofu to several offices, invited to a barbecue in a traditional house with a gang of adults studying rural tourism (and I spoke Russian with one of them… well, tchout tchout!), or watching a volley ball match early in the morning!!

I don’t ‘understand’ better Korean society but at least now I ‘feel’ it much better and am starting to like it. Mister Choi (who I call ‘Opa’ meaning ‘brother’) has lovely friends and they are very nice, welcoming and looking after me. I feel much better in Korea now. Also I was thinking that there are codes in the French society too that Korean people wouldn’t understand, whereas I don’t even see them as they are so much part of me… after all, we don’t cut a camembert the same way we cut comte cheese; we wait for everybody to be served before we start to eat, and lots more things less visible and more important. All this being the ‘foreign’ side of any society…


Last Sunday I left for Nokdong, a harbour town at the very south so I could get on a boat to Je-Ju Island (where is my second wwoofing place) the following day. Opa had advised me to go sleep in a Tchimtchilban. I went without really knowing what I was in for… He had just told me in very basic English: very nice, shower and sleep, very cheap!

Well, what an experience! I even had a crazy fit of laughter by myself. The lady at the entrance tells me to take my shoes off and shows me the way to a very large nudist spa (but separate for men and women!). I am given soap/shampoo/toothbrush/bath towel/tee-shirt and shorts; I strip and get into several hot baths, showers, or a pool of salty cold water where I swim underwater, nice ☺. Then I dress in the uniform-type clothes I was given, orange for women and green for men. Upstairs there are some thin mattresses laid out on the ground of large overheated rooms. It’s a very surprising, strange atmosphere… and very cheap option (around 5 euros for the whole thing!).


Then I made it to Je-Ju… Wow wow wow… Here mandarin trees (shiny leaves and orange balls, very seasonal!) replace the kaki trees and their red balls that are on the main land. Very green lush vegetation. Dark stonewalls border the paths. It’s a flat volcanic Island but dotted with old volcanoes with very gentle slopes. It’s small. You can see the sea from any place. It’s beautiful!!! Now I get why Korean people come here on their honeymoon… Days are hot and the sky is blue. I went for a long walk chancing the paths as they came, on the side of road are mandarins fallen down from trucks. The tranquility reminds me of Greece; the smell of the conifers, of Provence. (I know I have been speaking of conifers since the beginning of this trip and I know they are not all the same… One day I’ll look them up in a tree book, promise!).

The place I am wwoofing in is a cherry tomatoes, mandarins, sweet potatoes and hallabong (endemic citrus fruit species) farm. I sleep in a little house in the middle of the mandarin trees. No toilets, no hot water, I shower with basins of water I heat up with gas, it’s fun, I play doll’s tea set –it reminds me of my childhood… I feel good here. The only thing is that the farmers live in another house some place else. When they leave at nightfall it is 6 pm and the evenings are somewhat long and lonely (it’s a good thing I have ‘Near the water’ a Chinese novel telling the adventures of nice brigands, Caroline swapped it for my ‘Doctor Jivago’ back in Vladivostok!). So I am less immersed in the local culture… But days are good: harvesting sweet potatoes and cherry tomatoes (yesterday 3 of us harvested 150 kg!), sawing beans, and soon, picking mandarins. Tomorrow, if it doesn’t rain we’ll all go hike onto the highest mountain of the Island (the ‘Hallabong’, 1950 meters, ‘The big volcano in the middle’). Life is gentle here; it is soothing and helps me when I am so sad grieving for loved ones…

In a week’s time I’ll get on the boat to Incheon, near Seoul. I’ll meet up with James, my Canadian friend met in Mongolia, and I’ll try one last thing to try and get a Russian visa: I’ll go directly to the embassy. I’ll spend some time also exploring this large city. If I can’t manage to go back to Vladivostok I think I’ll stay another month in Korea anyway before heading to Japan.

Last night my host asked me if I need a visa when I am going to Spain… Europe seems far away from here, it’s almost like another planet… This is how the Far –East still felt no so long ago…

So from this South of the East, I send you all my love and always think of you.

Take care (and nice one for Obama)

Jeanne.

 


Publié à 06:43, le 14/11/2008, Jeju
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Coree... Koree ... ?!?/ Korea...!?!

11:28, 30/10/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Je n'arrive pas trop pour l'instant a ressentir une 'unite' coreene... peut-etre d'ailleurs n'en a t'il jamais, dans aucun endoit, dans aucun pays... mais je suis ainsi faite que malgre tout j'en cherche, j'essaie d'avoir une idee d'ensemble... A ce jour donc, beaucoup d'interrogations et d'incomprehensions face a ce que je vois. Une mosaique: des parcs nationaux tres preserves, tres beaux, egalement tres balises de chemins et d'interdits; hors de ces parcs, la nature apercue de ma fenetre en bus ou en train est tres tres modifiee par l'homme (apres la Siberie et la Mongolie, c'est tout bizarre!), des champs, des routes, des barrages, des fils electriques omnipresents, des villages que je n'arrive pas a trouver beaux (neons et maisons en ciment, perdues au milieu quelques batisses traditionnelles aux jolis toits en tuile bleu ou rouge); l'abondance de tout partout, et la Coree du nord a a peine 20 km parfois (bon, je le savais aussi en France, mais ici l'etrangete est un peu moins 'theorique'); l'ultra-modernite du metro a Seoul ou Busan (deuxieme ville du pays, 3 millions d'habitants) et les taches rouges des piments sechant sur les trottoirs, ou les grains de riz etales en plein air sur de longs tissus... Je me meprends parfois: en allant visiter le Musee National de Coree, je m'assois au milieu de la foule pour ecouter divers artistes se produisant sur une belle scene de plein air entre deux batiments... a la fin, comme une dame m'offre un pendentif en forme de croix chretienne, je realise que j'ai assiste a une sorte de propagande pour l'eglise (actuellement les chretiens sont plus nombreux que les bouddhistes)...  Il y a des temples bouddhistes proteges par les montagnes aussi: alors tout se fait calme, les chants repetes et les frappements bois contre bois de l'instrument de percussion les accompagnant, les petites cloches au battant metallique en poisson, les statues tres colorees des gardiens des lieux, terrifiants, les yeux exhorbites... j'aime beaucoup ces ambiances, les pierres polies des escaliers et les bambous qui frissonnent.
Je ressens intuitivement beaucoup de traditions et de codes, mais ils sont enfouis sous une grosse couche d'occidentalisme et de consommation, ce qui me les rends pour l'instant inaccessibles. La langue et l'ecriture restent aussi un mystere.... bref, pays etrange ou je manque absolument de cles pour comprendre ce qui m'entoure!

A Seoul (3eme plus grande ville au monde j'ai entendu dire), quel choc d'abord! Paris est-elle une ville ou petit bourg!?! des immeubles si hauts, high-teck, des neons encore et toujours, du bruit, de la musique deversee par les hauts-parleurs, quelques fois des vieux batiments perdus au milieu et une autoroute en hauteur passant en centre-ville... Je m'assois sur un banc, -pause- trop de choses partout a la fois, trop d'informations, d'images a integrer. Ca va vite partout autour... Finalement, je m'y suis (a peut pres) faite. En montant en haut d'une colline on voit la ville s'etendre, et de la-haut ca parait pas si grand, on voit les montagnes et ca me rassure. Il y a pourtant des quartiers qui ont l'air de villages, entre deux parcs qui cachent les grattes-ciels. Et la aussi, drole d'impression! Une eglise imposante se dresse au bout de la rue, les commerces sont autour, comme l'organisation des villages europeens/image familiere, pourtant une femme passe avec sur sa tete un plateau de bols vides dont des baguettes depassent, les echoppes debordent de legumes inconnus, ca sent le poisson et le 'kimchi' (diverses sortes de sauces avec legumes pimentees, specialite coreene)...  Je me demande vraiment comment etait ce pays il y a 50 ans peut-etre, ne sens pas de continuite entre le temps des cultures plus traditionnelles et maintenant...  par contre, nous sent definitivement bien sur la meme planete, eurasie et consommation a outrance...

Je suis en ce moment a Gyeong-Ju, ancienne capitale du royaume des Sillas (300-1300 apres JC). Entre deux immeubles modernes se dressent d'immenses tertres bien vert, les tombes des dignitaires de ce temps. C'est tres etonnant comme vision, sur l'un d'eux poussent de vieux beaux arbres. Je suis allee au musee d'histoire voir toutes les trouvailles des archeologues. La aussi, interrogations sur la continuite de l'histoire, sur l'evolution (?disparition?) des traditions, sur l'heritage du passe.

Une chose est en tout cas tres presente et definitivement nouvelle ici: la nourriture! Je goute a des plats differents chaque jour, me regale a dejeuner au milieu des marches, et il y en a encore que je ne connais pas... J'ai mange a Busan au marche au poisson avec mon hotesse de couchsurfing et une amie a elle, la table basse etait trop petite pour accueillir tous les plats et sauces differents: delicieux sashimis (lamelles de poisson cru), chou epice, poisson grille, soupe au sang de vache et pousses de soja, concombres, cacahouetes crues, radis fermentes, sauce jaune au sesame pour aller avec poulpe vivant (oui oui zavez bien lu!), feuilles d'algues, crevettes, huitres, salade fraiche et belles feuilles un peu citronnees, encore d'autres choses dont je ne connais pas le nom...   quel festin!!  C'est un peu pimente, mais je m'y fait, et me regale! Chaque plat est une surprise, rarement desagreable... a part ces larves grillees vendues dans la rue :-(... ja pas aime du tout. Comme je vais passer du temps dans une famille la semaine prochaine, vais essayer de cuisiner un peu et de noter des recettes.

Mon chemin se fait plus intime, d'une intensite differente. Apres beaucoup de sociabilite et de rencontres mongoles et russes, je deviens peut-etre plus introspective. Toute seule en voyage (deja 3 mois, ca commence a faire...), quand je me sens toute perdue ou 'cassee', nul pour aider, pour prendre en charge. J'apprends doucement a me connaitre, a prendre en compte et a gerer les coups de blues quand ils arrivent. Je suis toute frustree parfois de ne pas avoir toujours exactement l'energie que j'aimerais avoir, alors j'apprends qu'au bout du monde je reste la meme, en meme temps peut-etre en chantier interieur accelere grace au besoin de reflexion et a la richesse que m'amene cette errance (c'est positif!) orientale.
Je pars demain dans une ferme bio au sud-ouest pour 'wwoofer' pendant une semaine, puis j'irais dans une autre sur l'ile de Je-Ju au sud de la peninsule (climat tropical et ramassage de mandarines au programme). Voila qui arrive bien au bon moment. Experimenter la vie dans une famille de l'interieur, et puis me (re)poser une semaine au meme endroit, travailler avec mes mains et au grand air, je m'en rejouis!

Pour la suite du programme, que j'essaie malgre mes velleites organisatrices de ne pas trop plannifier, j'avais tres envie de retourner passer le mois de decembre a Vladivostok. J'ai surement la possibilite de donner des cours de francais la-bas, et ai tres envie de continuer a apprendre le russe. Malheureusement, je ne peux pas faire de visa russe depuis la Coree... suis tres decue... essaye de trouver une solution qui ne passerait ni par la Mongolie (-40 degre peut-etre deja en ce moment), ni par la Chine (pas possible de faire un visa chinois ici non plus), ni par la France (bien que vous me manquiez de plus en plus ;-). Si jamais vous avez des infos... elles seront tres bienvenues!

Je suis en tee-shirt la journee, sandalettes et jupe, une 'petite laine' le soir... vous avez change d'heure, deja presque debut novembre... Comment allez-vous?

Je pense tres fort vers l'ouest en tout cas, et vous embrasse aussi fort!

Jeanne

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I don’t manage to feel some kind of Korean ‘unity’ for now… Actually maybe there is never such thing as ‘unity’, anywhere, in any country… But I am looking for it anyway; I try to get a full picture of this country. To this day, lots of questions and lack of understanding about what I see. A mosaic: very well protected and very beautiful National Parks with lots of marked out or forbidden trails, but outside these, what I can see through the bus or train’s windows is a Nature very modified by human beings. After the wilderness of Siberia and Mongolia this feels quite weird! Fields, roads, dams, electric wires everywhere, ugly villages (neon lights, a few traditional houses with pretty tiled blue or red roofs lost in the middle of concrete houses)… ‘Plentyfullness’ of everything, and the border with North Korea is sometimes only 20 km away (I knew that in France but being here makes it less ‘theoretical’). Super-modern subways in Seoul and Busan (second biggest city with 3 millions inhabitants) next to the red stains of chili drying out on the sidewalk and the rice spread out in the open on large pieces of fabric… I get mistaken at times: as I was visiting the National Museum of Korea I sit down amid a crowd to listen to some artists speaking on a nice outdoors stage between two buildings… towards the end I get offered a catholic cross-shaped pendant… and I realize I have been sitting through some church propaganda (there are more Christians then Buddhists in the country at the moment)… There are also Buddhist temples protected behind mountains and there it’s all peace and quiet. Songs going in a loop along with the sound of wooden drum-like musical instruments. Little bells with fish-shaped metal tongues, terrifying colorful statues with their eyes starting out of their heads… I like this atmosphere, stone staircases shiny with use and shivering bamboo plants.
I feel lots of codes and traditions on an intuitive level but they are buried so deep under a good layer of Occidentalism and consumerism that I can’t get them for now. The Korean language and its writing also remain very mysterious to me. In a nutshell: strange country in which I lack lots to understand what’s around me!

A big shock in Seoul (I was told it’s the third biggest city in the world)! Is Paris a city or a little town!?! Huge high-tech skyscrapers, omnipresent neon lights, noise, music coming out of speakers, some old buildings scattered in the middle of it all at times, and a raised highway straight in the city centre… I sit on a bench –need a break-: too much everywhere, too many pieces and images. Everything goes fast all around me… In the end I got (a little) used to it. From climbing a hilltop I can see the city spreading at my feet: it doesn’t look so gigantic seen from up there, I can see the mountains all around and I feel reassured. Some neighborhoods look like villages, in between two parks hiding the skyscrapers. Weird feeling again: a large church stands at the end of the street and shops surround it just like in European villages/familiar sight. Nevertheless, this woman walks by carrying on her head a tray of empty bowls and chopsticks, shops are stacked up with vegetables I don’t know, the air smells of fish and of ‘kimchi’ (Korean specialty of several sauces with spicy vegetables)… As I can’t feel any continuity between tradition and modernity I really wonder how this country was 50 years ago… But I definitely feel I belong to the same planet, Eurasia and hyper-consumerism…

I am at the moment in Gyeong-Ju, former capital of the Silla Kingdom (300-1300 AD). Huge very green barrows stand in between modern buildings, they are the tombstones important Sillas. It’s a very weird sight. Beautiful old trees grow on one of them. I went to the History Museum to look at all the archeological finds. Again, I wonder about continuity of history, evolution (vanishing?) of traditions, and heritage from the past.

One thing here is everywhere and definitely new to me: food! I taste different things each day, I love having lunch on the markets, and there are lots of things I haven’t tried yet… My couch-surfing hostess, a friend of hers and I ate on Busan’s fish market. The low table was too small to fit all the dishes and sauces: delicious sashimi’s (thin layers of raw fish), spicy cabbage, grilled fish, cow’s blood and bean sprouts soup, cucumbers, raw peanuts, fermented radish, yellow sesame sauce to go with raw octopus (yes yes!), seaweed sheets, shrimps, oysters, fresh lettuce and lemony green leaves, and others things I can’t name… what a feast!! A little spicy but I am getting used to it, and I love it all. Each and every dish is a surprise, a good one most of the time…except these grilled larvae sold in the street ☹ didn’t like that at all at all. As I am going to stay with at a family’s next week I am going to try cooking a little and writing down recipes.

My path becomes more intimate now and has a different intensity. I socialized a lot in Mongolia and Russia; I am now becoming more introspective. Traveling by myself (3 months already…), nobody is around to help or take charge when I feel lost or ‘broken’. I slowly learn to know myself and to deal with feeling down when it comes up. I feel sometimes very frustrated not to have all the energy I’d love to have all the time. I learn that although I am on the other side of the planet I remain the same –but with lots of things changing quite fast inside too because I reflect a lot on the richness of my Oriental wanderings (which is positive!).
I am leaving tomorrow for an organic farm in the Southwest to do some WWOOFing for a week, then I’ll go to another one onto Je-Ju Island at the southern tip of the country (tropical weather and picking mandarins). This is good timing: living with a family, working and resting for a week without moving, doing some outdoors manual work: I am delighted about this.

As for what comes next (even though I try not to plan too much): I really wanted to go back spend December in Vladivostok. I would have the opportunity to teach French, and I really feel like keeping learning Russian. Unfortunately I can’t get a Russian visa delivered in Korea… I am very disappointed… I am trying to find a solution, without going either through Mongolia (probably already -40 degres by now), or China (no Chinese visa from here either), or France (although I miss you more and more ;-). If you have some idea let me know!

I am wearing tee-shirt, skirt and sandals during the day, and a sweater at night… You’ve gone back to wintertime, it’s almost early November… How are you all?

I am thinking towards West about you and send you my love!
Jeanne


Publié à 11:28, le 30/10/2008, Séoul
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A chaque jour son present / To each day its gift

01:15, 21/10/2008 .. 0 commentaires .. Lien
Apres quelques jours de questionnements ardus sur le pourquoi de tout ca il n'y a pas si longtemps en Russie, j'accepte enfin d'etre en vacance (sans 's', c'est fait expres) pour un moment de ma vie.... un cap? une peninsule?... une presqu'ile en tout cas: la Coree!

Mon grand-pere qui a beaucoup beaucoup voyage m'a dit un jour c'etait le pays qu'il trouvait le plus beau... je suis tres seduite, en effet...

Des presents, plein... Un matin dans un bus, en pleine campagne, une dame se retourne et m'offre une patate douce toute chaude, delicieuse; deux fillettes croisees a velo, un biscuit au chocolat; un groupe en visite, deux petits gateaux tous legers, riz souffle et miel; des gentlemans au sommet, un verre d'eau et des galettes de riz; un groupe de marcheurs, un verre d'alcool local et a manger....

Chaque jour aussi, apprendre a etre au present, ne pas courir pour 'tout voir/tout faire', m'asseoir et regarder l'eau qui coule tranquille, la grenouille qui saute du rocher, les feuilles rouges des erables, les ecureuils qui farfouillent l'humus. Pas facile desfois, fille speed que je suis... mais c'est bon quand j'y arrive!

J'ai fait des petites randos tranquilles dans le parc national de Seorak-San, ca monte dur, les montagnes sont ici comme sur les estampes japonaises, pleines de pics velus d'arbres et habites par les rochers.

Plein de rencontres, tous les jours, mais peu de gens parlant anglais, je suis toute desolee de ne pas comprendre le coreen... Bon, heureusement, ces charmants gens me parlent plus de Jeanne d'Arc et de Zidane que de Sarko et Carla ( quoique ... no comment please ... )

Alors je vous envoie ce chaud soleil, et la brume qui voile les sommets, encore plus mysterieux?!?

Prenez soin de vous 

('encore plus de joie!' m'a dit le Bouddha)

Jeanne

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After a few days of laborious self-questionning about my reasons for this trip -this was not so long ago, in Russia-, I am now accepting to be on a holiday for this time in my life... a step? a turning point?

So for now i am on this Peninsula, South Korea! My grand father who is a very very well travelled man told me once that Korea was to him the most beautiful country. I am quite charmed indeed...

Lots of gifts... One morning on a bus in the middle of the countryside this woman turns round and gives me a delicious warm sweet potato; two kids on a bike: a chocolate biscuit; a group of tourists: two very light cakes of puffed rice and honey; a few gentlemen on top of the mountain: a glass of water and some rice cakes; a group of hikers: some local alcohol and food...

Every day also, learning to be in the moment instead of running around to 'see all/do all', sitting to watch the peaceful stream, the frog jumping from the rock, the red maple leaves, the squirrels rummaging about in the soil. It's not always easy as i am quite hyper... but so good whenever i succeed.

I did some short hikes in Seorak-San National Park, steep climbs, the mountains here look like asian prints, peaks hairy with trees and inhabited by boulders.

Meeting lots of people every day, but few of them speak english and i feel so sorry not to understand Korean... Fortunately all these lovely people talk to me more about Joan of Arc and Zidane then about Sarkozy and Carla!

So i send you the warm sun, and the peaks shrouded in mist, even more mysterious.

Take care

('more joy!' told me Buddha)

Jeanne

 

 


Publié à 01:15, le 21/10/2008, Corée du sud
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Tout en 'O', oh!, eau / lots of 'o's, wow! & water

02:37, 14/10/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Accueillie vous vous en souvenez un matin de beau temps, c'est le soleil couchant qui m'a poussee lundi soir, traversee Zaroubino-Sokcho (Coree du Sud) par voie maritime. Et il fallait qu'il se fasse vraiment tout rouge tres fort pour me forcer a m'arracher de Russie et a quitter Caroline (francaise enseignant a l'universite), Dacha et Natie (mes hotes), mes soeurs de Vladivostok... etais presque au bord des larmes... 

Ahh, Vladivostok, les bateaux et grues jusqu'au milieu de la baie, en plein centre, et les mouettes et les pigeons. Les gens disent que ca ressemble a San-Fransisco pour les collines partout et a Istanbul pour la situation geographique. Une ville sur une peninsule, entouree d'eau sur trois cotes. Des vieux immeubles rococos jaunes et bleus, ou verts, couleurs pastels sur paves. Le soleil et la 'promenade des anglais locale' ou j'ai bu de la biere avec Caroline (qu'est-ce qu'on etait contente de tchatcher a fond la caisse avec plein d'argot toutes les deux :-))  heureusement que deux russes nous ont invitees a les joindre pour deguster des 'mendvienkas' (genre de grosses crevettes a pince tres goutues et carapaconees), nous serions sinon passees a cote d'un regal des grands jours. Dacha connait tous les imm eubles, j'entre avec elle dans des universites, des ecoles, explore couloirs et etages deserts, encore tous chauds de toutes ces vies qui y passent chaque jour, un peu comme entrer dans les entrailles de la Russie. Elle connait aussi un vieil ensemble d'immeubles ou poussent haricots verts et potimarons, une porte au deuxieme etage donne sur le vide, des planches trainent sous une bache, et les oeillets d'inde y sont en fleurs. C'est plein partout dans cette ville de petits passages, tu pense arriver dans un cul de sac en t'engageant entre deux rangees de garages pour voitures, mais non, il y a un sentier que tu suis jusqu'a l'endroit ou la vue sur les docks est degagee... Je ne les trouve pas toute seule ces passages magiques. Natie me guide. Elle connait aussi tous les endoits ou il y a de bons gateaux et des canapes conforts pour y discuter sans fin... Je peux me sentir si proche de filles russes d'extreme-orient, d'un jeune mongol, d'un gamin coreen... Dimanche, c'etait une bande de copines en sortie sur les iles au large de la ville, chaleur des rires, on s'entend bien toutes les 4. Pendant que Caroline et Natie se donnent des cours espagnol-russe, je ferme mes oreilles et explique un peu les signes a Dacha. Deux petites russes blondinettes pointent leur nez, je me demene pour leur faire deviner les animaux en langue des signes, le dialogue se passe de mots, il fait beau...    et presque chaud! Aviez-vous remarque que Vladivostok est sur la meme latitude que Marseille (!??!!)?

Encore plus au sud, c'est Sokcho ou je suis arrivee mardi matin. Tout y est depaysement, des fleurs des ronds-point, grosses rouges, aux enseignes, des etals du marche aux arbres (doux, tordus, petites boules d'aiguilles comme dans les estampes), et la langue (pleine de 'o' appuyes a la fin des mots) que je n'arrive absolument ni a lire ni a comprendre. J'arrive avec peine a retenir comment dire merci... Je retrouve avec plaisir une circulation normale, un grand soleil tres chaud (moi qui croyait en avoir fini avec les jupes et chaussures d'ete...) et j'ai trouve un super hotel ou on me prete un velo! Alors, je me promene, de ports en petites rues, jettant un oeil de temps en temps a la carte que l'on m'a donne a l'office de tourisme (ca aussi c'est pas mal, j'avais oublie en russie!). Les piments sechant par terre font des taches rouges, l'air sent le poisson, seiches et poulpes (?) sont enfiles sur des piquets pour secher dehors. Je traverse la campagne et longe des rizieres, enfin j'en suis pas sure parce que la recolte est terminee maintenant. Il y a un peu en dehors de la ville un endroit magique: marche au poisson cru: des bassines multicolores dans lesquelles s'agitent des poissons de toutes sortes, des poissonnieres haraguant le client, des promeneurs flanant, toute une ambiance tres particuliere, bruyante, animee, pleine de vie et d'eau. Je m'asseois a une table, on me decoupe un poisson et je deguste les lamelles crues avec salade fraiche et ail. Wouw c'est bon! Souvent des coreens m'offrent a manger. Cette fois trois marcheurs m'offrent des petits verres d'alcool local ('whisky coreen' m'expliquent t-ils). Les montagnes derriere Sokcho plongent dans l'eau, pleines d'erable aux belles feuilles rouges d'automne. C'est le parc national de Seorak-San, ou je projette d'aller randonner dans les jours qui viennent. Puis j'irais a Seoul au bureau des wwoof (volontariat en ferme biologique) voir ce qui pourrait s'organiser. Des fois j'ai envie de me poser en peu, alors ca me conviendrait bien maintenant.

 Je pense a vous tous, vous embrasse,

A bientot!

Jeanne

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I had arrived in Vladivostok on a fine morning, i left it at sundown on monday evening, boarded a boat from Zaroubino to Sokcho, South Korea. And the sun was very very red when, at last, i managed to tear myself away from Russia and leave behind my Vladivostok sisters: Caroline (who is french and teaches in university here), Dacha and Natie, my hostesses... i was close to tears...

Ah, Vladivostok, with its boats and cranes in the middle of the bay, right in the city centre, its seagulls and pigeons. Poeple say Vladivostok looks like San-Francisco for its hills, and Istambul for its settlement. A city on a peninsula boarded by water on three sides. Old rococo buildings, yellow, blue, green, paved streets with pastel colours. Sunny waterfront walk where Caroline and I had a few beers ( we were so happy to talk fast in french using slang!). There, we were lucky these two russian guys invited us to try some 'mendvienkas' (some kind of big shrimps with a heavy shell), otherwise we would have missed on something remarkably tasty. Dacha knows all of Vladivostok's buildings. She takes me to universities and schools, i venture in empty corridors and floors; places still warm with the life and people that fill them everyday. This feels almost like entering Russia's entrails. She also knows this old block where squashes and green beans grow free. There, a door on the second floor opens onto nothing and french mariglods are in blossom. This city is full of these small passageways. You walk between two rows of cars and think you'll end up in a cul de sac, but no: there is a path that you keep following until you can see the docks again. I don't find these magical passageways by myself. Natie guides me. She also knows all the good coffee shops for yummy cakes and comfy setties where we chat endlessly... I can relate to these girls from the Far-East, to a young mongol guy, or to a korean kid... On sunday we were simply a gang of friends going for a day trip on the islands off the city. Heart-warming laughter. The four of us get on well. As Caroline and Natie teach spanish and russian to one another i close my ears and explain some sign language to Dacha. Two blond girls appear and i try hard to make some animals' signs in sign language so they can guess what they are. The communication doesn't need any words, it's a nice day... and almost warm! Had you noticed that Vladivostok and Marseille share the same latitude (??!!?)?

Lower down south, there is Sokcho. It's all new surroundings here: the big red fowers covering the roundabouts, the shop signs, the market stalls, the trees (round, twisted, little balls of thorns like in asian prints). And the Korean language! Lots of accentuated 'o' sounds at the end of words, which i can't even read or understand at all. I can hardly remember how to say 'thank you'... I am happy to be back to normal driving and a big warm sun (i thought i was done with skirts and sandals...). I found a great hotel where i can borrow a bike. So i go cycling, from harbours to narrow streets, looking at my tourist office map every so and then (maps too are great: i had forgotten about them in Russia!). Red stains of chilies drying on the ground, the air that smells of fish, cuttlefishes and octopus slipped onto stakes to dry outside. I criss-cross the countriside and go alongside paddy fields -at least i think so, as the harvest is over. There is this amazing place a little outside town: a raw fish market. Lots of colourfull bowls moving with all kinds of fish, the fishmongers harangue the customers, it's a very special atmosphere, noisy, lively, full of life and water. I sit down, a fish is being cut up for me, I eat the raw strips with fresh lettuce and garlic. Wow, it's yum! Korean people often offer me some food. One time these three hikers gave me small shots of a local alcohol ('Korean whisky' they said). Behind Soksho, mountains plunge down into the sea, covered in maples trees with beautiful red autumn leaves. This is Seorak-San National Park, i am planning to go hike there in the next few days. Then i'll go down to Seoul, wher i'll call into the wwoof office (for volunteering in organic farms), see if i could work something out. I sometimes feel like slowing down a bit, so this option would be good now.

I think about you all and send you my love.

Write soon!

Jeanne.


Publié à 02:37, le 14/10/2008,
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Et Voici Vladivostok! / And here is Vladivostok!

01:10, 7/10/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Accueillie par le soleil levant, tout rouge dans la fumee des usines au loin, un banc en face du port a l'Est, les gros bateaux brise-glace, le ciel bleu et les mouettes rieuses...

Lenine pointe son doigt vers le Japon! si proche; et quand je repense aux jours de train pour traverser l'Eurasie, ca me donne le tournis

Voici Vladivostok, j'ai du mal a le croire...

Mais avant ca, il y a eu le train, 3 jours en plazcart, voiture couchette non compartimentee, ou je pense pouvoir me decerner sans mentir le double titre d'unique touriste et d'attraction principale pour ces messieurs... et comme dans le train, et ben, il faut passer le temps, on boit et on mange! mes compagnons ont entamee leur premier bouteille de vodka a midi et a partir de la troisieme, je n'ai plus compte (ils n'etaient que 2...), ... Quelle ambiance! Top! en deux minutes, tout le monde connaissait mon prenom, et puis j'etais invitee a m'assoir et a manger un peu partout. Je ne parle pas mieux russe en ressortant, par contre je comprends tres bien 'iech, iech', ce qui veut dire en vrac 'mange, mais mange donc, il te faut de la force, et puis on voit tes os au niveau des clavicules alors...'  Y compris de la part d'une gentille babouchka, qui venait verifier de temps en temps que j'etais bien nourrie!  Et toujours les arrets magiques, avec tous plein de petits stands de fortune sur lequels fument raviolis 'kartouchki' et beignets 'pirotchki', assortis des specialites regionales, genre poisson fume du lac Baikal. miam. J'ai regarde de longues heures par la fenetre, les bouleaux n'ayant plus de feuilles maintenant (mais j'aime toujours leurs troncs blancs zebres de noir (ou l'inverse?), c'est les conniferes jaunissant qui deroulaient le fil d'Ariane.

Meme a 60 km/heure de moyenne, c'est dur de prendre des photos, alors voici quelques non-photos:
des enfants courant dans un pre a la sortie d'un village, au milieu du foin rassemble en pyramide, (au debut d'Anna Karenine je crois, il y a une description magnifique des moissons en Siberie, j'y pensais beaucoup)
un homme des guetres jusqu'aux cuisses, marchant dans la riviere, un panier a la main
un autre sortant de chez lui au petit matin, la main en visiere pour regarder le long train passant
et les isbas de guinguois toutes plus belles et inventives les unes que les autres... Planches noires disposes dans tous les sens, ca fait des dessins comme les rangs de vigne, et dentelles de bois dans les encadrements de fenetres, palissades qui flanchent un peu, et couleurs tres souvent vert et bleu pour les volets, assortis au portail. Je me suis improvisee jury du concours de la plus belle, et je crois qu'une assez innovante a gagne le premier prix: rose bonbon et jaune soleil.

Et encore avant le train, je suis allee passer quelques jours sur l'ile d'Olkhon, sur la cote ouest du lac Baikal. En y allant, j'ai rencontre Danka, tcheque, et nous avons pedale ensemble pour traverser l'ile dans sa largeur. tapis jaunes eclatant des aiguilles de pin. cailloux tout blancs et noirs. lac beau tres paisible, presque que pour nous, les touristes sont deja partis, parce qu'il fait deja tres froid :-)   J'ai aussi marche toute seule, du haut des collines la belle vue, et rencontre des totems au detour d'un chemin. Un peu le blues de la Mongolie alors, difficile de plonger si vite (mais non, pas dans le lac!) dans un autre pays, je realise que j'ai besoin d'un temps d'adaptation pour que 'da' sorte naturellement de ma bouche...
Avant de prendre le train pour Vladivostok, j'ai passe une tres belle apres-midi au marche d'Irkoutsk. Plein de petits stands de legumes tenus par les babouchkas, grand soleil, j'aurais tout achete... et la ville est trop chouette, des petites rues avec isbas branlantes et herbes folles en centre ville...

J'ai fini le 'docteur Jivago' (et me suis regalee)... suis a la recherche d'une bonne idee de roman coreen ou japonais... si vous avez des suggestions...

Nouvelles un peu rapides cette fois, il y a plein de choses dans ma tete, c'est dur de tout dire, ou de choisir quoi dire (et j'ai envie de fairepipietladameducybercafenestpastresaccueillante....) en tout cas, j'aime beaucoup ecrire ces petits recits et ca m'aide a garder le nord (l'est?); des fois les questions arrivent, 'pourquoi je voyage?' ou ce genre de choses... -on se perd vite en voyage-on s'y retrouve presque aussi vite heureusement- et alors ca m'aide a y voir clair...

Je vous embrasse tres fort, m'en vais (faire pipi) flaner par ci par la, m'assoir au soleil et regarder les bateaux encore...

Je vous envoie plein de la lumiere de l'est, vive vostok!

Jeanne

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A red sunrise through the smoke of factories further away welcomed me to Vladivostok. A bench facing the harbour to the East, big icebreakers, blue sky and laughing seagulls...

Lenine points his finger at Japan! So close from here. I feel dizzy just thinking of the train journey to cross Eurasia.

Here i am in Vladivostok and it's hard to believe.

Before i got here was the train journey, 3 days in 'plazcart', berth car with no compartments, in which i was the only tourist and the main attraction for my fellow male passengers... And because one needs to pass time on the train, one drinks and eats! The guys opened their bottle of vodka at lunchtime, and i stopped counting bottles after the third one... (they were only two guys...). What a great atmosphere! In no time everyone knew my name and i was endlessly invited to sit down and have a bite. I am no better at speaking russian now though, but the one thing i understand very well is 'iech iech' which basically means: 'here, eat this, don't be shy, you need to plump up, there you go, have some more...'. There was also this lovely old woman would come up check on me every so often, making sure i had enough to eat! And always lots of great stops with tiny stalls selling piping hot raviolis 'kartouchki' and doughnuts 'pirotchki', alongside local specialities, like smoked fish from Lake Baikal. yum. I looked out the window for hours, the birch trees had no leaves left (but i still like their zebra-like trunk). Yellowing conifers were showing the way.

Travelling at 60 km/hour it's still hard to take pictures. So here are some i didn't take: kids running in a field with hay stacked in pyramids (at the beginning of Anna Karenine there is a beautiful description of the siberian harvest and i was thinking about this passage a lot); a man wearing thigh-high gaiters and walking in a river carrying a basket; this other guy coming out of his house at dawn and looking at the train shading his eyes with his hand. And all the beautiful askew isbas displaying lots of building creativity: black planks that look like drawings in vineyards, wooden lace around the windows, boardings nearly falling down. Colourwise, very often blue and green, to go with the gate. I held my own little competition for the most beautiful isba and the first prize was: candy pink and sunflower yellow.

And before the train i went to Olkhon Island for a few days, on the west bank of Lake Baikal. On my way i met Danka who is from Tcheque Republic. We cycled together to cross the island widthwise. Bright yellow carpet of pine thorns, black and white pebbles. Lake very peaceful and beautiful, almost to ourselves because the tourists are gone, indeed it's starting to be very cold around here :-) I also hiked on my own, enjoyed the view from the hilltops and met up with some totem pole on the path. I was longing for Mongolia a little, it's hard to dive so fast into another country. I realise that i need some time before 'da' comes naturally out of my mouth...

Before boarding the Vladivostok train i had a great afternnon on Irkoutsk's market. Lots babouchkas with tiny vegetable stalls, big bright sun, i could have bought everything... And Irkoutsk is a great town, small streets of askew isbas and wild grasses in the city centre...

I finished reading 'Doctor Jivago' and loved it. Am looking for a korean or japanese novel now... suggestions are welcome...

It's a little short this time, there are lots in my head and it's hard to tell it all or to choose what to tell. Anyway, i enjoy writing these posts a lot, they help me keep north (or East?). Sometimes i start wondering about why i am travelling or stuff like that... -one gets easily lost travelling, but finds his way back as fast luckily- and writing helps me be clear-sighted.

Lots of kisses, am off now wandering and staring at the boats some more.

Sending you lots of light from the East, cheers to Vostok!

Jeanne.


Publié à 01:10, le 7/10/2008, Vladivostok
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